J’ai lu « Le plus petit baiser jamais recensé » de Mathias Malzieu

Le plus petit baiser jamais recensé Mathias Malzieu

J’ai une passion pour les chaussures, les sacs à main, les sushis, le vin blanc sec, les caïpirinha et le fromage. Et les livres. Surtout les livres.

Mon statut d’insomniaque confirmé (15 ans d’ancienneté au compteur) me permet d’assouvir ma passion de la lecture, d’avoir du temps et le calme nécessaire pour lire en toute sérénité. Je me suis donc dit que ça pourrait être sympa une petite rubrique lecture sur le blog. Sans prétention, à la cool, je ne suis pas critique littéraire cela sera juste un avis de lectrice passionnée et amoureuse des livres.

Donc j’inaugure cette rubrique avec « Le plus petit baiser jamais recensé » de Mathias Malzieu.

Je vais essayer d’être objective malgré mon amour pour les livres et la musique de Mathias Malzieu. Et vous le savez (si ce n’est pas le cas je vous le dit) l’objectivité est une de mes grande qualité sauf quand je parle de mes filles (les plus belles du monde) et de Grégory Fitoussi. A part ça vous pouvez me faire confiance.

Mathias Malzieu chanteur sautillant et survolté de Dionysos est aussi un écrivain de talent. Auteur du recueil de nouvelle « 38 mini westerns« , des romans « Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi« , « La mécanique du coeur« et « Métamorphose en bord de ciel » ainsi que du livre application pour Iphone et Ipad « L’homme volcan« .

J’ai tout lu de lui hormis Métamorphose en bord de ciel. J’ai adoré « Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi » qui est, pour moi un des plus beaux livres que j’ai lu sur le sujet délicat du deuil, un conte beau et triste qui m’a énormément touché. J’ai été émerveillé et enchanté par « La mécanique du coeur » en revanche j’ai eu du mal à adhérer à « 38 mini westerns » assez inégal dans l’intérêt que je pouvais trouver aux différentes nouvelles. Quant à « L’homme volcan » je vient de le télécharger sur l’iphone.

Le plus petit baiser jamais recensé

Un inventeur-dépressif rencontre une fille qui disparaît quand on l’embrasse. Alors qu’ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d’un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l’inventeur se lance alors à la recherche de celle qui « fait pousser des roses dans le trou d’obus qui lui sert de coeur ». Ces deux grands brûlés de l’amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire ?

Dès les premières lignes j’ai été emporté dans l’univers de Mathias Malzieu, j’ai livré un combat contre moi-même, une partie de moi avait envie de dévorer le livre, d’enchainer les pages l’une après l’autre et d’un autre côté je me disais qu’il fallait que je savoure, que je lise le plus lentement possible afin de rester le plus longtemps possible dans l’atmosphère magique, mélancolique, métaphorique de cet ouvrage.

Un coeur brisé rencontre une fille qui devient invisible quand on l’embrasse, s’en suit l’envie folle de retrouver cette fille et une enquête délirante épaulé par un détective et un perroquet hors du commun. La bombe d’amour (l’ancienne amoureuse) qui revient quand le héros essaie de panser ses blessures et se réconcilier avec l’amour… vous l’aurez donc compris c’est d’amour dont il est question dans ce livre. La peur d’aimer, les chagrins d’amour, la reconstruction, le passé qui refait surface, l’espoir c’est de cela dont Mathias Malzieu nous parle dans ce nouveau roman.

Je n’avait qu’une envie c’était savoir si notre inventeur dépressif allait retrouver la fille invisible et découvrir son identité même si j’avais bien mon idée sur la question (j’ai quand même des années d’enquêtes avec les Experts, Lily Rush, et le Mentalist au compteur, moi, messieurs, dames)… Savoir si cette fille allait réapparaitre et aurait le courage d’aimer, quelle décision allait prendre le héros quand le moment viendrait de devoir faire un choix.

Et l’univers crée par l’auteur est tout simplement envoûtant! Paris et son 11ème arrondissement totalement réinventé est génial. Quand la Place de la Bastille devient la Place de la Pastille, la rue de Charonne rue de Charogne, la rue de la Roquette rue de la Croquette…. En tant qu’habitante du quartier j’ai adoré!

Le héros habite un appartelier, il neige des floconfettis et puis il y a aussi les fameux sparadramours. Tout cela plus l’atmosphère générale du livre amène une poésie qui m’a envoutée totalement.

Et puis cette histoire de  chocolat qui imiterait le goût du baiser échangé entre nos deux protagonistes… Je rêverai d’en croquer un bout!

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Quelques extraits :

– Les femmes invisibles sont très difficiles à retrouver, même lorsqu’elles sentent excessivement bon, m’expliqua le détective privé à la retraite que m’avait recommandé Louisa, ma pharmacienne.

Elle m’avait dit qu’il ressemblait à un ours polaire à lunettes, avec de petits nuages en coton à la place des cheveux et de la barbe. « C’est un spécialiste de l’extraordinaire! » Elle avait bien raison.

-Vous ne la retrouverez jamais en utilisant des techniques d’utilisation classiques. Il va falloir inventer quelque chose de pour qu’elle vienne à vous. Une sorte de piège magique.

– Elle coiffe ses cheveux comme on monte les oeufs à la neige, précisai-je.

– Il vous faudra la patience d’un pêcheur de sirènes, dit-il.

Ce fameux baiser comment était-il? Electrique, suave et doux à la fois. Quels en étaient les équivalences de texture, les degrés de croustillance? Je me remémorai aussi sa langue, son souffle, l’explosion douce de ses lèvres.

Ces éléments analysés, je me lançai dans l’élaboration d’un bonbon fourré au nectar de baiser et passai la nuit à fouiller-goûter dans l’épicerie très fine qui ouvrait à minuit à l’angle de la rue Brautigan. J’en revint armé d’un chocolat au lait onctueux comme le souvenir de sa langue. Pour obtenir la vivacité fraiche du contact de ses lèvre, il me fallait un frui. Un agrume plus précisément. J’hésitai entre la mandarine et le citron, avant de pencher pour l’orange sanguine. J’ajoutai un milligramme de gingembre, par supposition érotique.

C’était à la fois effrayant et rassurant de se confronter à quelqu’un d’aussi extraordinairement abîmé par l’amour. Un monstre de mélancolie qui se fait peur au point d’accepter sa condition de fille invisible.

J’avais appris à vivre avec ce trou à la place du coeur. Inventer encore et fabriquer du neuf pour ne pas sombrer. Seul le plus petit baiser jamais recensé était parvenu à s’infiltrer significativement dans les interstices du béton armé que j’avais coulé dans mes artères.

Elle laissa s’échapper un petit rire, une sorte d’échantillon de complicité gratuit. Le coeur de cette fille invisible était un putain de Rubik’s Cube! J’avais beau le tourner et le retourner dans tous les sens, je ne parvenais pas à réunir les pastilles de couleurs identiques sur la même face.

Vous l’aurez compris j’ai adoré « Le plus petit baiser jamais recensé », l’atmosphère, la féerie et la poésie de ce livre m’ont fait passer un merveilleux moment.

Le plus petit baiser jamais recensé de Mathias Malzieu. Flammarion. 17.50 euros

En bonus mes chatons je vous mets une de mes chansons préférée de Dionysos qui m’a fait pleurer la dernière fois que je suis allée les voir en concert mais qui est tellement, tellement belle.

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16 réflexions sur “J’ai lu « Le plus petit baiser jamais recensé » de Mathias Malzieu

    • Oh oui si tu as envie de rentrer dans un univers poétique pour quelques heures n’hésites pas ma belle! J’ai adoré (je crois que ça s’est vu!)

  1. Merci à vous, c’est une très belle description du nouveau roman de Mathias et j’aime beaucoup comme vous la chanson ainsi que le clip « neige ».

    • Merci à vous pour votre commentaire, j’avais un peu peur de ne pas parler assez bien de ce roman que j’ai tellement aimé et de rendre compte de cette bulle de poésie dans laquelle je suis entré pendant la lecture…
      Je suis contente et rassuré du coup.

  2. « La Mécanique du Coeur », 3 ou 4 ans que je l’ai trainant sur mon bureau et pourtant non, impossible de le lire, d’entrer dans ce monde, trouvant qu’il en fait trop justement…

    A l’occasion il faudra que j’essaye ce « Le plus petit baiser jamais recensé ».

    Par contre il faudra que tu me dises comment tu fais pour lire la nuit justement, avec l’état de fatigue de la journée impossible de concentrer mon esprit pour autre chose que comater dans un coin à compter des moutons ou regarder vaguement un truc à la TV qui parle d’un machin vaguement abordé dans… je sais plus, j’ai déjà oublié.

    • Alors écoute je vais te dire, vas-y approche toi, il faut que ça reste entre nous (il ne faut que personne entende surtout les fans absolus qui ne comprendraient pas) j’ai préféré « Le plus petit baiser jamais recensé » que « La mécanique du coeur ». Je l’ai beaucoup aimé hein, la mécanique, mais j’ai été plus sensible à son dernier roman, plus enchanté par la poésie de celui-ci. Et puis là derrière toutes ces images poétique et métaphores on peux quand même se retrouver, se reconnaitre, s’identifier dans cette histoire et ça, ça m’a beaucoup plu.

      Je suis insomniaque alors bon j’utilise ce temps perdu à faire une chose que j’aime. La première partie de soirée jusqu’à minuit je suis trop fatiguée alors je me détends de la journée sans rien faire de spécial puis après je coupe tout (enfin j’essaye, télé, internet, iphone, ordi) et j’ai besoin de ce moment calme, hors du temps, pour me plonger dans mes bouquins, ça me détends. Même les soirs (merveilleux) où je suis fatiguée je lis un chapitre avant de dormir!
      C’est la seule chose positive que je retire de ces pu— d’insomnie que je traine depuis l’enfance!

      • Tu auras noté que l’insomnie est également une chose que j’affectionne un peu trop. Vu mon état de stase sur Twitter très souvent. Mais je reconnais être incapable de lire, au delà d’une page, cinquante fois, la même.

        Bon je vais m’essayer ce nouveau roman, en espérant qu’il ne sera pas comme le premier (je mentais, j’ai lu les 10 premières pages) soit une exagération de chaque détail pour tenter de faire onirique. Mais je suis sur que sur tes conseils je vais adorer, le dévorer.

        Rassure toi, tout ça resteras entre nous, et les millions de lecteurs de l’internet mondial qui vont tomber sur cet article grace aux mots clefs : nichons, condoms, viagra, allo quoi, esprit canal.

        Oups…

      • Depuis ce commentaire aucune requête bizarre figures-toi, à part les sempiternelles « femme au foyer chaudasse » et « madame fait pipi » la faute à mon post méga classe sur l’urinette… :))))

    • Mouhaha :)) Ici c’est un blog d’ honnête mère de famille monsieur ce ne sont pas quelques commentaires olé olé qui changeront ça!
      Je me coltine déjà tous les fétichistes des douches doré à cause d’un article tout à fait innocent, ça va bien hein, si on ne peux plus parler objet pratique du quotidien sans rapatrier des pervers!

    • C’est génial! Après bien sûr les goûts de chacun entre en ligne de compte bien entendu! Bonne lecture!
      Bisous ma jolie!

  3. Pingback: "Le plus petit baiser jamais recensé" Mathias Malzieu | Suspends ton vol

  4. Coucou, merci beaucoup pour ce superbe billet sur ce livre délicieux qui se savoure comme le meilleur des chocolats. Je suis en train de le lire (il me reste une cinquantaine de pages) et waaaw, je me régale, il n’y a pas d’autres mots. C’est mon tout premier Malzieu et sincèrement, je n’ai qu’une envie : en lire d’autres !!! Absolument ! J’adore sa façon de jongler, de s’amuser avec les mots, avec la langue française … on est vraiment plongé dans un univers féérique, onirique, imaginaire dont on a pas envie de ressortir (j’essaye de faire durer un peu le plaisir en savourant chaque phrases pleinement, en relisant certains passages pour les imprimer dans ma mémoire tellement c’est unique, beau, fou … j’en suis toute retournée, moi !)… presque un conte pour adultes avec des pointes de réalisme, c’est fou. C’est vraiment un petit « ovni » littéraire car je n’ai jamais rien lu de tel …

    Cependant, je ne comprenais pas qui était « la bombe d’amour », ça me perturbais, je ne savais pas si c’était le « petit nom » de Sobralia (mais ça ne se tenait pas quand je lisais, je ne comprenais pas) ou je ne sais pas … je ne comprenais pas, ça me perturbais … et grâce à toi ( MILLES MERCIIII !!! ), j’ai compris que c’était l’ancienne amoureuse. Ooouuuuf ! Je vais pouvoir retourner à ma lecture tranquillement et l’apprécier doublement maintenant que j’ai compris qui était la bombe d’amour … merci milles fois ! ❤

    • Ravie que ça t’ai plu! C’est vrai que ce livre est un vrai petit bonbon pardon chocolat! J’ai adoré ce livre et je te conseille les autres livres de Mathias Malzieu si tu as aimé l’univers de celui-ci. J’ai beaucoup aimé la Mécanique du Coeur et son univers féerique. Et « Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi » est un des plus beau livre que je n’ai jamais lu mais alors celui-là il est triste…
      Merci en tout cas de ton passage et ton témoignage sur ta lecture ❤

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